Fleur
13 février 2026 - 02 mai 2026

Une exposition de Yuliia KRYVYTSKA et Peter WOODBURN
Dans cette exposition, les fleurs deviennent des témoins
silencieux du temps et de la mémoire.
Chez Yuliia Kryvytska, elles flottent dans un espace dépouillé,
seules, suspendues. Leurs ombres bleues s’étirent comme des
souvenirs qui refusent de s’effacer. Inspirées par la chanson Où
sont les fleurs de Marlene Dietrich, ces peintures ne racontent
pas la guerre, mais ce qui reste après : des formes fragiles et
obstinées, des instants arrêtés entre persistance et
disparition. Certaines penchent, d’autres s’ouvrent, d’autres
encore semblent se courber, comme pour se protéger de l’oubli.
Elles murmurent une question simple, douloureuse et essentielle
: que reste-t-il, et qu’avons-nous fait du monde qui les faisait
naître ?
Les photographies de Peter Woodburn prolongent ce murmure dans
une poésie infiniment subtile. Chaque image, hyperréaliste,
proche du still life, est construite avec plusieurs couches qui
transforment la perception : une fleur peut devenir autre chose
selon l’angle, la lumière ; un cerisier, une branche en
bourgeon, un geste de la nature capturé et recomposé. Les
couches superposées créent un monde en équilibre entre réalité
et imagination, entre présence et dissolution. La précision
hyperréaliste révèle à la fois la fragilité et la force de ce
qui survit, tandis que la composition multi-couches offre un
espace de rêverie où le regard peut se perdre et se transformer.
Ici, peinture et photographie se répondent. Elles parlent de ce
qui persiste et de ce qui s’efface, du fragile entrelacement de
mémoire et d’oubli. Elles offrent un temps suspendu, où la
beauté se fait murmure, où la contemplation devient une manière
de résister à l’effacement du monde. Et dans ce silence
poétique, une question demeure, constante et bouleversante : où
sont les fleurs, et que reste-t-il de tout ce qui les faisait
exister ?
Yuliia KRYVYTSKA est née en 1984
à Kryvyi Rih, en Ukraine.
Elle s’installe à Paris en 2017, puis rejoint en 2022 la région
du Pays de Gex, dans l’aire genevoise, où elle vit et travaille
actuellement.
En 2025, elle présente sa première exposition personnelle, Le
calme de la couleur bleue, à la Galerie Fabrique Contemporaine à
Paris. La même année, elle participe à une exposition collective
du MAPG (Mouvement Artistique du Pays de Gex) au Château de
Voltaire à Ferney-Voltaire, ainsi qu’à l’exposition collective
Hope, en soutien à Médecins Sans Frontières, au Migros Club de
Nyon (Suisse).
En janvier 2026, elle présente le projet Landscapes of Silence
au CERN (Organisation européenne pour la recherche nucléaire) à
Genève, en Suisse.
Peter Woodburn, né et formé en
Angleterre, vit et travaille en France depuis les années 1980.
Photographe autodidacte, il développe une œuvre centrée sur le
paysage, nourrie par une enfance passée dans la campagne du
Somerset et par des recherches universitaires autour de la
poésie du paysage.
Son travail explore des paysages sensibles et intérieurs, entre
mémoire, abstraction et expérience du lieu, notamment dans l’est
de la France, au pied du Jura, et dans le sud-ouest du pays. Il
a réalisé plusieurs expositions au cours de son parcours, et son
travail est régulièrement mis en avant à l’Atelier 244 à Gex,
espace qu’il conçoit et programme en tant que curateur.
Ses photographies, réalisées en numérique et produites en
tirages limités, sont pensées comme des œuvres imprimées,
privilégiant une approche immersive, contemplative et sensible
du paysage.
Lieu
Espace Candide
Route de Meyrin
Ferney-Voltaire, 01210 France